Antarctique : quand l’extraordinaire devient ordinaire 

Déjà trois mois que je me réveille chaque matin en Antarctique. L’extraordinaire est devenu mon ordinaire. Mais quel ordinaire !

Un ordinaire qui ne l’est pas tant que ça, en fait.

Trois mois que chaque jour, je m’assieds à côté d’une manchotière et que je regarde les manchots faire leur vie, aller, venir, de voler des cailloux, nourrir leurs petits. Mi-novembre quand je suis arrivée, les manchots couvaient leurs oeufs. Entre mi-décembre et début janvier, les petits poussins sont nés, selon les îles. J’ai craqué devant ces petits poussins tout fragiles qui réclamaient leur bequée, piaillaient, osaient leurs premiers pas hors du nid. Mi-février, les poussins sont grands. Dans le nord de la péninsule, leur mue est presque achevée. D’ici quelques jours, ils iront à la mer, se nourrir. 

Trois mois que j’apprends tout de la vie des manchots, ainsi que celle de la faune antarctique. Les otaries sont arrivées. Seuls les mâles sont en Antarctique, les femelles s’occupent encore des petits, restés en partie en Géorgie du Sud. Les éléphants de mer sont moins belliqueux, la saison des amours est terminée. Les baleines à bosse sont en nombre. Elles viennent se nourrir de krill, elles aussi. Les petits labbes, pétrels, cormorans, sont eux aussi prêts à l’envol. C’est bientôt la fin de l’été, il est temps pour tout le monde de quitter l’Antarctique avant l’hiver.

Trois mois que je vois fondre la glace et la neige. Mi-janvier, les îles et côtes de la péninsule antarctique ont commencé à devenir rose et verte. En cause, une bactérie pour l’un, une algue pour l’autre. Mi-février, dans le nord, il n’y a presque plus de neige, seulement la roche, le sable. Moins de glaçons en mer aussi. Dans le sud, au-delà du cercle polaire, c’est autre chose : on trouve encore des plaques de banquise, on s’enfonce encore dans la neige jusqu’aux genoux sur les landings.

Trois mois qui sont passés à une vitesse folle. Dans deux semaines, il sera temps de remonter l’Amérique du sud.

Trois mois en Antarctique. L’extraordinaire est devenu mon ordinaire. Et je ne cesse de m’émerveiller, chaque matin. 

Photographies prises sur l’île de Cuverville.

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This Post Has 2 Comments

  1. Ali dit :

    Ton article fait rêver…. Les photos sont superbes, j’espère que tu as bien profité, ça avait l’air magique.
    Des bisous

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